Geopragma recevait le Colonel (ER) Jacques Baud pour cette nouvelle édition des Mardis de Geopragma consacrée à la mécanique du terrorisme djihadiste.

Le Colonel (ER) Jacques Baud est diplômé de l’Institut Universitaire des Hautes Etudes Internationales de Genève, expert en armes chimiques et nucléaires et ancien agent des services secrets suisses. Il a notamment dirigé le renseignement de l’Etat-Major Spécial pour les Prises d’Otages du gouvernement suisse, conçu pour le QG des Nations Unies à New York, le Centre International de Déminage Humanitaire de Genève (GICHD) et le Système de Gestion de l’Information sur l’Action contre les Mines (IMSMA), aujourd’hui déployé dans plus de 60 pays.

Il a contribué à établir le concept de renseignement pour les opérations de maintien de la paix des Nations Unies et dirigé le premier centre de renseignement conjoint des Nations Unies (UN Joint Mission Analysis Centre – JMAC) au Soudan. Il a également été chef de la Doctrine des Opérations de Maintien de la Paix des Nations Unies à New York et Chef de la lutte contre la prolifération des armes légères à l’OTAN, à Bruxelles.

Il est l’auteur d’une dizaine ouvrages sur le renseignement, la guerre asymétrique et le terrorisme. Le dernier en date s’intitule : Gouverner par les Fake News, Ed. Max Milo, Paris, France, 2020.

 

 

Aperçu de l’exposé :

En 1990, il y a eu 455 attentats terroristes dans le monde. Aujourd’hui ce chiffre est d’environ 14 000 par an. Vingt ans de guerre contre le terrorisme n’ont conduit qu’à une aggravation de la situation. Les militaires français de l’opération Barkhane déclarent eux-mêmes que pour un terroriste tué, dix autres apparaissent. Jamais les Occidentaux n’ont déployé autant de technologie sur le champ de bataille, mais c’est au couteau que le terrorisme tue. 

Il semble donc que nous soyons toujours à contretemps. Cela vient du fait que nous combattons le terrorisme comme des policiers, sans stratégie. Les terroristes djihadistes travaillent avec une stratégie, nous travaillons au niveau tactique. Nous combattons des terroristes, mais pas le terrorisme. Parce que nous ne le comprenons pas : nous n’en comprenons ni les logiques, ni les objectifs. Experts, politiciens et autres décident en fonction de préjugés, en arrangeant souvent les faits pour qu’ils « collent » avec leur jugement. L’asymétrie ne découle pas de la taille des adversaires, mais du fait que nous combattons avec les principes de la première guerre mondiale, et les terroristes avec les principes du XXIe siècle. 

Nous ne parviendrons jamais à vaincre le terrorisme si nous ne cherchons pas à comprendre leur logique. Cet exposé met le doigt sur ce qu’il nous faut changer pour avoir une chance d’éliminer ce fléau.   

Afin de préparer au mieux cette conférence, retrouvez le dernier ouvrage de Jacques Baud, Gouverner par les Fake News : 30 ans d’infox utilisées par les occidentaux, paru aux éditions Max Milo.

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1 Comment

  1. Haertig

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    Analyse au scalpel qui n’est guère réconfortante. On a utilisé le terrorisme à de multiples fins, notamment le flicage de la population générale. On voit ici qu’on l’utilise aussi pour trouver une causalité externe à un problème beaucoup plus profond hérité de décennies d’inaction : la haine de la France au sein d’une partie non négligeable de la population qui suscite une nouvelle forme de criminalité, aussi dangereuse, voire plus que celle issue du terrorisme islamique mais qui échappe à ses visées et pas de rapport avec lui.

    Là encore, comme nous y exhorte Péguy, nous devons oser voir ce que nous voyons : les assassinats de policiers auxquels nous avons assisté avec horreur ces derniers mois ne sont pas un effet du terrorisme international, mais le résultat d’une situation explosive qui s’est enkystée au cours de la dernière décennie.

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