Veille effectuée par Marc Adan Ourradour*

Source modifiée : https://syria.liveuamap.com/

Les évènements de la semaine :

24/04

  • Tirs d’armes lourdes par les forces gouvernementales au sud d’Idlib. Manifestation contre le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) à l’ouest d’Alep.  
  • Mouvements de troupes des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) au Sud de Deir ez-Zor.

25/04

  • Un convoi turc entre dans la région d’Idlib.

26/04

  • Manifestation sur l’autoroute M4 contre les patrouilles russo-turques.
  • Tensions entre les forces Turques et le groupe HTS dans la région d’Idlib.
  • Israël mène des frappes aériennes près de Damas. 

27/04

  • Un convoi militaire américain en provenance du Kurdistan irakien entre en Syrie.
  • Tirs d’artillerie des forces gouvernementales au Sud d’Idlib.
  • Patrouilles russo-turques le long de l’autoroute M4.

28/04

  • Explosion d’un camion à Afrin qui, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, aurait fait 46 morts et 50 blessés.
  • Tirs d’artillerie des forces gouvernementales au Sud d’Idlib.
  • Pour le ministère de la défense turc, le YPG est à l’origine de l’attentat d’Afrin.
  • Seconde explosion à Afrin qui ne fait pas de victimes.

29/04

  • Les autorités kurdes syriennes accusent la Turquie d’être responsable de l’attaque d’Afrin.
  • Erdogan annonce l’arrestation de la personne ayant préparé l’attaque d’Afrin.

30/04

  • Manifestations à l’est de la région d’Idleb, contre l’ouverture par le groupe HTS d’un point de passage vers les territoires contrôlés par les forces gouvernementales. On déplore de fortes tensions et des blessés dans la ville de Maarat an Nassan.
  • Le groupe Etat Islamique tend une embuscade aux forces gouvernementales à l’est du pays dans la zone d’Humaymah.
  • Un convoi turc entre dans la région d’Idlib.

Analyse :

La région d’Idlib reste le principal foyer de tension en Syrie. La Turquie continue d’envoyer des renforts dans la région, et les forces gouvernementales syriennes maintiennent la pression au sud de la région. L’Hayat Tahrir al-Sham (HTS) est le principal groupe rebelle de la région. Ce groupe a choisi d’ouvrir le passage menant aux territoires contrôlés par l’Etat syrien. Cette ouverture est motivée par l’instauration d’une taxe qui apporterait une nouvelle ressource financière au groupe. Mais les populations civiles voient d’un mauvais œil cette décision, et des manifestations ont éclaté. Une partie de la population est composée de réfugiés qui ont fui les régions reconquises par le régime syrien. La tension est forte et des blessés sont à déplorer du côté civil. Finalement, le groupe HTS a décidé de suspendre l’ouverture du passage devant l’insistance des populations civiles qui craignent une nouvelle offensive du régime syrien qui a montré sa détermination à reprendre la région. Malgré l’accord entre la Turquie et la Russie, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir O. Pedersen, déclare que la situation est « précaire et fragile » et s’inquiète « d’un risque constant d’escalade. » L’attentat d’Afrin illustre bien la précarité de l’équilibre. Selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, l’attentat aurait fait 46 morts et une cinquantaine de blessés. Les autorités turques accusent les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) d’être responsables de l’attaque. Les autorités kurdes démentent et accusent des milices soutenues par la Turquie. Rappelons que la ville d’Afrin a été prise par le YPG en 2012 qui en a fait une des principales villes du Kurdistan syrien. La ville est par la suite passée sous le contrôle des Turcs en mars 2018. L’attentat s’inscrit dans une longue lutte entre Turcs et Kurdes.

Dans la continuité de la semaine précédente, Israël a mené des frappes aériennes dans la région de Damas et d’Homs. Dans sa lutte pour l’intégrité de son territoire, le régime syrien s’est appuyé sur le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution. Alors que les forces gouvernementales ont reconquis la majeure partie du territoire ; l’Etat hébreu envoie un signal fort : il ne laissera pas la Syrie devenir une base pour ses ennemis.

Dans le centre et à l’est du pays, l’Etat Islamique reste présent et planifie des attentats. Les éléments du groupe terroriste sont traqués par toutes les factions présentes à l’est du territoire. Les forces gouvernementales devront s’adapter et pratiquer des techniques de contre guérilla. Le défi est grand : d’un côté l’armée gouvernementale syrienne devra garder sa capacité à mener des actions de guerre et en même temps être capable de faire face à une guerre asymétrique. Le mode opératoire des groupes terroristes tend à effacer la frontière entre le monde de la sécurité et celui de la défense. Cela rend la tâche des gouvernements difficile, ils se retrouvent bien souvent dans une lutte longue et coûteuse.

Tous ces éléments nous montrent que la sortie de crise s’annonce longue et complexe. Dans le conflit syrien, s’entremêle une multitude de conflits. La reconstruction du pays et la normalisation de la situation passeront par la résolution de tous ces points.

*Marc Adan Ourradour, stagiaire chez Geopragma



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