J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

Le Billet du Lundi du 10 juin 2019, par Jean-Bernard Pinatel*

 

Avec l’Iran et le Venezuela, Trump manie le chaud et le froid. Il passe en six mois du risque de guerre à la négociation. Il est trop facile de considérer le Président des Etats-Unis comme un bonimenteur. En effet, il se déroule, derrière le brouillard des déclarations, une guerre économique féroce dont nous subissons nous aussi les effets : elle a été l’élément déclencheur de la crise des gilets jaunes dont, bien entendu, les causes sont plus diverses et plus anciennes.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie de tension avec le Venezuela et l’Iran ?

 

Selon différentes évaluations, le Venezuela est aujourd’hui le pays qui aurait des réserves prouvées de brut du même ordre, voire supérieures, à celles de l’Arabie Saoudite tandis que l’Iran se situe au quatrième rang mondial pour le pétrole brut et au premier rang pour le gaz naturel.

En dehors des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel, l’opinion américaine ne veut plus voir ses boys tués à l’extérieur à cause du pétrole alors même qu’avec le pétrole et le gaz de schiste extraits du sol américain les Etats-Unis deviennent auto-suffisants, voire exportateurs.

 

 

Le problème est que, malgré les efforts extraordinaires de productivité réalisés par l’industrie d’exploration-production américaine, le pétrole de schiste n’est compétitif que si les prix du brut restent supérieurs à 60 $ le baril. En effet, cette industrie a investi à perte pendant une dizaine d’années pour réussir le tour de force extraordinaire d’abaisser son seuil de compétitivité de 80 $ le baril aux alentours de 40 $ le baril pour les nouveaux projets. Mais il faut rajouter le poids de la dette contractée. En effet pour réaliser les investissements nécessaires, la dizaine de milliers de petits et plus gros entrepreneurs qui se sont lancés dans ce nouvel eldorado ont souscrit des emprunts auprès des multiples petites banques locales américaines. Celles–ci ont titrisé immédiatement ces emprunts qui se sont disséminés dans l’ensemble du secteur bancaire américain. Les taux d’intérêts et le remboursement de cette dette viennent donc s’ajouter aux frais de forage et d’exploitation actuels.  Même si l’on manque d’études systématiques, la majorité des analystes avancent la nécessité d’avoir un baril de brut au-dessus de 60 dollars pour que ces dettes puissent être remboursées et que l’on n’assiste pas à une nouvelle crise semblable à celle des subprimes.

On comprend mieux alors les prédictions catastrophiques qui se sont multipliées quand le prix du brut est passé de 122 $ en janvier 2014 à 36 $ en janvier 2016, menaçant ainsi toute l’industrie de l’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis et par contrecoup tout le système bancaire américain.

 

 

La guerre économique

Heureusement, l’option choisie par Trump, le business man, n’a pas été celle de Bush junior qui, selon plusieurs auteurs américains, considèrent que la guerre en Irak a été  « Blood for no Oil »

Pour Greg-Palast1, par exemple, la motivation première des conseillers de Bush était machiavélique : stopper la production de brut irakien pour maintenir les cours du brut aux alentours de 100$ et permettre ainsi de rentabiliser les investissements faits dans le pétrole et le gaz de schiste. « The invasion was not about « blood for oil », but something far more sinister: blood for no oil. War to keep supply tight and send prices skyward. Oil men, whether James Baker or George Bush or Dick Cheney, are not in the business of producing oil. They are in the business of producing profits ». 

Trump, pour l’instant, s’est contenté de l’effet des sanctions économiques contre le Venezuela et l’Iran.

Le 28 janvier 2019, l’administration Trump a interdit aux compagnies américaines d’acheter du pétrole vénézuélien tant qu’un nouveau gouvernement formé par l’opposant Juan Guaido, qui s’est auto-proclamé président, ne sera pas en mesure de recevoir les recettes. Les exportations vénézuéliennes de brut et de carburant ont depuis chuté de 1,7 millions à 920.000 barils par jour.

De même, les sanctions américaines contre l’Iran ont fait baisser les exportations iraniennes de 1,5 millions de barils par jour (bpj) entre 2018 et 20192. Les expéditions sont en moyenne de 1,0 à 1,1 million de barils par jour (bpj) depuis mars 2019 (selon les données de Refinitiv Eikon et de trois sociétés qui suivent les exportations iraniennes), alors qu’elles représentaient au moins 2,5 millions de bpj en avril 2018, un mois avant la dénonciation par les Etats-Unis de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien et le retour à des sanctions américaines visant l’Iran.

Les décisions de guerre économique prises par Trump ont ainsi privé le marché de l’ordre de 2,5 millions de barils jour.  L’effet s’est vite fait sentir sur le marché comme le montre le graphique précédent puisque le cours de baril de brut oscille aujourd’hui autour d’un point d’équilibre de 60$.

Une inconnue majeure demeure : combien de temps cet effet durera-t-il et maintiendra-t-il une tension sur le marché du brut ? Suffisamment de temps espérons-le pour que les dettes contractées soient remboursées et que les Etats-Unis ne se trouvent pas devant ce dilemme catastrophique d’accepter une crise financière qui peut contaminer le monde entier ou refaire une guerre  « for no oil » qui menacerait la Paix du Monde.

 

*Jean-Bernard Pinatel, membre fondateur et Vice-président de Geopragma 

 

Notes :

1. Greg Palast is a New York Times bestselling author and fearless investigative journalist whose reports appear on BBC Television Newsnight and in The Guardian. Palast eats the rich and spits them out. Catch his reports and films at www.GregPalast.com, where you can also securely send him your documents marked, « confidential ». Cité dans mon dernier livre : ”Histoire de l’islam radical et de ceux qui s’en servent”, Lavauzelle, 2011, page 146.
2.  https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/iran-baisse-des-exportations-de-brut-avant-meme-de-nouvelles-sanctions-us-1835846.php

 

C. Coonen : « Le reset Etats-Unis – Russie, c’est maintenant ! »

Billet du Lundi du 1er avril 2019, par Christopher Th. Coonen*

L’investigation byzantine du Procureur spécial et ancien directeur du F.B.I. Robert S. Mueller III a accouché d’une souris. Des dizaines de millions de dollars dépensés dans son investigation de six cent soixante-quatorze jours, dix-neuf avocats, quarante agents du F.B.I. et des analystes de renseignement salariés, cinq cents témoins interviewés et treize gouvernements sommés de verser des documents au dossier. Tout cela pour conclure qu’il n’y a pas eu d’interférence avérée de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016 ni aucun lien illégal entre les équipes du candidat Trump et les autorités russes. Pour prouver une conspiration, l’équipe de Mueller devait démontrer que M. Trump et ses associés avaient donné leur feu vert à la Russie pour interférer dans l’élection au travers d’espionnage électronique, numérique et à l’utilisation illégale de médias sociaux ou d’autres moyens criminels afin de nuire au camp adverse de Hillary Clinton.

Que de temps gâché pour l’intérêt national américain, russe et de ce monde! Un reset des relations entre les Etats-Unis et la Russie n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui. En 2008 Barack Obama avait déjà fait campagne en mettant l’accent sur cette nécessité. A la fin de son second mandat en janvier 2017, rien n’avait été fait. Tant de sujets géopolitiques bénéficieraient pourtant d’une telle refondation de la relation Washington-Moscou : l’Iran, la Syrie, les relations avec l’Europe et la Chine, le désarmement, la lutte anti-terroriste a minima.  Le nouveau président américain a été empêché pendant les deux premières années de son mandat de mettre en œuvre ce reset, par l’establishment washingtonien et l’appareil d’Etat. Le Pschitt magistral de l’enquête Muller va lui permettre enfin de pouvoir s’attaquer à cet objectif et souhaitons-le, de rebattre les cartes avec son homologue, le président Poutine.

Pour mesurer l’envergure d’une telle manœuvre en politique étrangère, il est important de reprendre le contexte historique de la relation entre les deux premières puissances nucléaires, riche d’étapes depuis le 19ème siècle. L’histoire commence en 1867, lorsque les Etats-Unis achètent l’Alaska à la Russie pour $7.2 millions de dollars. Le moyen pour la jeune République d’incarner sa « Manifest Destiny », celle d’une expansion toujours plus gourmande vers l’Ouest. Les Russes eux occupaient l’Alaska depuis 1725, quand Vitus Bering, dépêché par le Tsar Pierre le Grand, avait planté le drapeau russe sur des terres qui se révélèrent bien trop lointaines de Saint-Petersbourg. Le paiement tomba à pic pour renflouer les caisses de l’Etat. Etats-unis et Russie devinrent des voisins séparés d’une distance de 82 kilomètres par ce détroit éponyme.

Il s’ensuivit une collaboration étroite pendant la deuxième Guerre mondiale, depuis le programme de ravitaillement américain Lend-Lease dès l’invasion de l’URSS en juin 1941 par les Nazis, jusqu’à la défaite du Troisième Reich à Berlin. Même pendant la Guerre Froide, les deux adversaires se concertèrent régulièrement et négocièrent des traités de désarmement nucléaire importants : SALT I & II, le traité ABM (missiles anti-balistiques) abandonné par Washington récemment comme une provocation supplémentaire à l’égard de Moscou, le traité de Non-prolifération… Malgré leurs crises les plus graves (Berlin, Cuba, guerres du Vietnam et d’Afghanistan), les deux titans se parlèrent et cherchèrent des aménagements à leur rivalité leur permettant aussi d’affirmer leur domination conjointe aux dépens des rivaux potentiels Chinois et européen.

Depuis la dislocation de l’Empire soviétique en 1991, les Etats-Unis ont eu tout d’abord une attitude arrogante, suivie d’une volonté d’affaiblir la Russie et l’Europe via l’élargissement de l’OTAN jusqu’aux frontières russes, allant même jusqu’à vouloir faire basculer dans le double giron atlantique et communautaire l’Ukraine, berceau historique de la Russie même, un état tampon qui n’aurait jamais dû cesser de l’être. Puis le président Obama initia la mise en place de sanctions économiques de concert avec l’Europe au prétexte du rattachement de la Crimée à la Russie. A ce jour, tout cela est un échec patent qui ne fait que cristalliser la rancœur russe et nourrir la popularité de celui qui résiste à ce « containment ». A croire que Washington cherche à pousser la Russie dans les bras de Pékin et surtout loin de ceux d’Europe…Ça marche. A nos dépens ultimes évidemment, même si nous persistons à ne rien comprendre à l’intérêt stratégique de notre Vieux Continent. La Russie s’affirme en outre de plus en plus sur des théâtres lointains comme le Venezuela et la Syrie. Nos deux grands chiens de faïence auraient plutôt intérêt à se transformer en chair et en os pour collaborer.

L’investigation de M. Mueller a donc marqué un contre-temps très inopportun. Le rappel des faits :

  1. En mars 2016, des agents des services du GRU (le service de renseignement de l’armée russe) infiltrent le compte du directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta, et celui du Comité national du Parti Démocrate, accompagné par une société privée de St Petersbourg, « Internet Research Company », afin de décrédibiliser la candidate qui au fil du temps faisait pâle figure face au candidat Trump qui lui exprimait clairement sa volonté de trouver un rapprochement avec la Russie.
  2. En juillet 2016 (quatre mois avant l’élection du président Trump), le F.B.I commence à examiner des liens possibles entre l’équipe de campagne du futur président et la Russie, à la suite de fuites via WikiLeaks concernant 20 000 emails du Comité national du Parti Démocrate. L’Agence ouvre une enquête nommée « Crossfire Hurricane » pour examiner les connections entre les associés de Trump et la Russie, se focalisant sur MM. Manafort, Flynn et Page.
  3. En décembre 2016, M. Flynn, le futur Conseiller national de la sécurité rencontre l’ambassadeur russe à Washington afin de discuter d’une levée des sanctions dans le contexte d’un « deal » portant sur les incursions russes en Ukraine. Certains membres de l’entourage d’Obama croyaient alors qu’une levée des sanctions aurait constitué la contrepartie d’un soi-disant soutien russe pendant l’élection.
  4. En janvier 2017, les directeurs des services de renseignement américains briefent le président élu sur l’interférence russe ; mais Trump n’est pas convaincu, allant jusqu’à douter d’eux et notamment du directeur du F.B.I d’alors, James B. Comey.
  5. En mai 2017, président Trump démet de ses fonctions M. Comey, ce qui entraîne la nomination de M. Mueller quelques jours plus tard. L’étendue de l’investigation de M. Mueller était la suivante : les dimensions de l’interférence russe dans l’élection américaine y compris avec la complicité d’associés du président Trump, l’obstruction faite par le Président à la justice (par l’élimination de Comey auquel il avait demandé de faire cesser l’enquête sur le Général Flynn) et l’évaluation de son statut -volontaire ou involontaire- d’agent russe … !
  6. En juin 2017, président Trump critique publiquement son ministre de la Justice, Jeff Sessions, et l’investigation de M. Mueller, qualifiant l’exercice de « chasse aux sorcières » et donnant l’impression qu’il avait l’intention de faire dérailler ou du moins d’interférer dans les travaux de M. Mueller.
  7. En octobre 2017, l’investigation de Mueller s’accélère en poursuivant des personnes clés de l’entourage de Trump : son directeur de campagne M. Manafort et son bras droit M. Gates, son premier conseiller de sécurité nationale M. Flynn et bien d’autres. 
  8. En février 2018, M. Mueller accuse treize citoyens ainsi que trois sociétés russes d’avoir monté une campagne frauduleuse via des réseaux sociaux. Il poursuit aussi certains agents du GRU pour le hameçonnage des ordinateurs du Comité national du Parti Démocrate. Ceci sape les assertions à répétition du président Trump selon lesquelles personne ne sait en fait vraiment si la Russie est responsable d’une interférence.
  9. En avril 2018, l’équipe de M. Mueller élargit son investigation au-delà de la « Russia Connection » à des soupçons de violation de règles de financement de campagne présidentielle, entraînant la révélation de paiements de l’ancien avocat de Trump, M. Cohen, à deux maîtresses pour leur silence. Entre temps, M. Manafort est jugé coupable dans un dossier séparé portant sur des fraudes financières et la transmission de données d’opinion publique liées à l’élection de la part de M. Kilimnik, l’un de ses proches associés, suspecté d’avoir des liens de longue date avec les services de renseignement russes.
  10. En décembre 2018, M. Cohen affirme que M. Trump avait poursuivi tout au long de la campagne des négociations en Russie pour y développer une « Trump Tower » contrairement à ses dires. Il est de nouveau entendu en février 2019 devant la Chambre des Représentants sur les paiements aux maîtresses et les dissimulations fiscales du président. Et l’un de ses proches confidents, M. Stone, est poursuivi pour avoir menti au Congrès sur ses contacts avec WikiLeaks pendant la campagne.
  11. En mars 2019, le verdict tombe : Il n’existe aucune preuve matérielle sur une interférence russe, ou sur une collusion entre les équipes de Trump et l’Etat Russe, pas plus que sur une obstruction de justice. M. Mueller annonce qu’il ne compte plus demander des poursuites dans cette investigation russe.

Quelle sera la suite de ce feuilleton?

Dimitri Peskov, porte-parole du Président Poutine, a réagi en répétant que le président russe maintenait un intérêt constant dans de bonnes relations avec les Etats-Unis mais qu’au vu des actions erratiques des Etats-Unis, la « balle était dans le camp de Washington ».

Le temps est venu pour ces deux grands pays de renouer avec un dialogue ouvert, rapproché et constructif afin de créer un nouveau paradigme géopolitique. Certes des obstacles sont en travers du chemin : l’activité de milices soutenues par les Russes en Ukraine, le retrait des USA de l’accord JCPOA iranien et du traité ABM, le soutien russe au gouvernement syrien de Bachar al-Assad, ou encore à celui du président Maduro à Caracas et la volonté d’ingérence des Etats-Unis au Venezuela.

Mais c’est précisément le rôle que doit jouer la diplomatie : trouver des solutions avec ses adversaires. Le président Trump détient une opportunité historique maintenant qu’il n’est plus sous cette chape pour proposer un agenda de discussions via un « sommet de Reykjavik à la Reagan-Gorbachev ». Peut-être s’y est-il déjà préparé lors de ses discussions avec le Nord-coréen Kim Jong Un : des discussions pourraient être entamées rapidement sur la levée des sanctions, l’expulsion mutuelle et récente de diplomates, la réouverture de consulats et déclarer ensuite que l’Ukraine et le Venezuela seront des états « tampon » sans plus d’ingérence d’aucun côté. Les deux leaders pourraient ensuite examiner ensemble et résoudre des sujets plus importants et stratégiques : le désarmement, y compris avec la Corée du Nord, un nouveau dessein au Moyen Orient qui inclurait l’Iran, la Syrie et l’Irak. Trouver un accord tripartite avec la Chine sur les Iles Spratlys et avec le Japon sur les Iles Kouriles pour un océan Pacifique … apaisé. Et intégrer économiquement de manière forte et durable la Russie européenne avec l’Unioneuropéenne.

Bref, un Reset qui créerait un « New Deal de Bering » diplomatique et géopolitique pragmatique. Un programme bien irénique nous dira-t-on. Mais, si l’on cherche vraiment le bien des peuples et des nations, c’est une feuille de route ambitieuse mais accessible. Il suffit d’être deux à le vouloir et de repousser fermement les fâcheux au large.

* Christopher Th. Coonen, Secrétaire général de Geopragma

C. Galactéros sur France 24 : 2ème sommet Kim-Trump

Caroline Galactéros, présidente de Geopragma, était avec François Durpaire, Jérémy Ghez et Marianne Peron-Doise dans l’émission « Le Débat » de France 24 hier soir.

Le thème abordé était « 2ème sommet Kim-Trump : un échec du président américain ? »

➡️ https://www.france24.com/fr/video/20190228-2eme-sommet-kim-trump-echec-president-americain

[France Inter] Caroline Galactéros sur Trump et la Russie

Caroline Galactéros, présidente de Geopragma, était invitée par Laurent Goumarre, hier soir, dans l’émission le « Nouveau Rendez-Vous ». Le thème abordé était : « Trump est-il un agent russe ? ».

Elle était en compagnie de M. Bernard Bajolet (ancien directeur de la DGSE), M. Slobodan Despot (éditeur et écrivain) et M. Alain Frachon (journaliste au Monde).

Vous retrouverez son intervention sur ce lien : https://www.franceinter.fr/emissions/le-nouveau-rendez-vous/le-nouveau-rendez-vous-31-janvier-2019